AQ-Golden Voyages

Le Festival de la Perle


n jour donc, Aarag al-Sahal et Resiya bin Rodib arrivèrent à Gana, “la Cité des Richesses”, pour trouver les rues décorées et la population en liesse : la saison des perles venait de se terminer et les bateaux des pêcheurs de perles rentraient au port pour la dernière fois. Pour trois jours la cité célébrait le Festival de la Perle. Les bazars et les souks étaient bondés d’acheteurs en train de négocier avec des capitaines tenant des sacs remplis de perles, de marchands étrangers accroupis derrière des rangées de marchandises exotiques, de mystiques en transe dansant au son des tambours, de mendiants suppliant aux plongeurs chargés de pièces d’être miséricordieux aux yeux de la Sainte Loi. C’était un moment de fête, mais les affaires ne furent pas complètement oubliées. Des marchés furent conclus, des dettes contractées, et des fortunes perdues, le tout derrière un sourire de façade…

Les deux compères réagirent de manière opposée face à ce rassemblement de personnes : Aarag al-Sahal, habitué à la solitude du désert, eut bien du mal à se contenir face à un tel déferlement de bruit, de proximité et de sueur ; tandis que Resiya bin Rodib se sentait comme un poisson dans l’eau, ou plus exactement comme un pécheur laissant trainer son hameçon dans les poches des passants.

Lorsque arriva le Grand Guerrier de la Perle, confortablement installé sur un palanquin porté par de somptueux esclaves et entourés de gardes du corps, ce fut la cohue dans la rue ! Les deux acolytes furent ballotés tel des débris à la mer à travers des ruelles sombres et insalubres, et ce jusqu’à une sinistre petite place où se trouvait un bazar dépeuplé. Là, un antique vieillard les appela à son étal.

“Venez voir, venez voir mes merveilles, de grandes merveilles ramenées de lieux lointains. Faites confiance au Vieux Kerim, il sait ce que vous cherchez.”

Après une étrange discussion et un minimum de négociation, les deux compères repartirent avec en leur possession une carte de Bahr Al-Izdiham, la Mer Peuplée, ainsi qu’un texte singulier leur promettant richesses et merveilles

Le troisième jour du Festival fut celui de la Proclamation des Tours, où les crieurs du Sultan prirent position, comme chaque année, pour annoncer la Mission de la Grande Perle. La déclamation débuta par une longue et poétique tirade racontant les exploits des précédents Grand Guerrier de la Perle : l’ambassadeur de la cour des Marids, la cité de Ibn Mutamin trouvée au fond d’une bouteille, la performance du grand poête Khalid al-Zayir… etc. jusqu’au vainqueur de cette année qui ramena la tête d’une reine Sahuagin. Quand cessa la litanie, chantée à l’unisson par des centaines de voix, s’éleva alors la voix amplifiée par magie du Sultan Yusef bin Ahamad al-Wadi :

“Sachez, mes enfants, que vous avez bien fait cette année, car Gana en ressort plus grande qu’avant. Jamais l’ennemi ne s’est tenu devant nos portes ou n’a menacé nos rivages — mais pour cela, Gana doit rester forte. Laissons le plus audacieux de mes fils ramener une merveilles que chacun admirera. J’honorerai grandement celui qui réussira à me ramener une telle merveille, lui conférant ainsi le titre de Grand Guerrier de la Perle. Ainsi, par cet acte tout le monde saura que Gana la Perle reste toujours grande et puissante !”

Et c’est sur ces paroles que débutèrent les Voyages Dorés de nos deux compagnons…

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Pils

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